Jean CHEVOLLEAU
et Camille RENAULT
Elève à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris C'est à la fin du XIX° siècle qu'un signal mystérieux est parti de Paris. Un émetteur d'ondes codées dont les destinataires éparpillés aux quatre coins du monde étaient des adolescents inconnus.
Ce signal, Pablo Picasso l'a entendu à Malaga, Van Dongen à Amsterdam et Juan Gris dans la pampa et Stravinsky dans la steppe



Et tous obéirent à ca message, captés par eux seuls. Et ils se retrouveront au pied de la Butte. Et le signal continuera de résonner longtemps après que les dieux de Montmartre aient transposé leur Olympe à Montparnasse.
Et Jean Chevolleau l'entendra à son tour à Fontenay. Lui aussi il obéira à cet appel de la grande migration. Et il va implanter à Paris sa case et sa tribu, sa palette et son chevalet De la Sèvre à la Seine, le voilà "flâneur des deux rives" comme son poète d'élection Guillaume Apollinaire.



Jacques VILLON

De ses apprentis de La Trinité à son colombier de la porte de Sèvre (que lui offre la Ville de Paris), il va enluminer les couleurs et les formes de la Cité.
Le Paris de Peguy
Et ce sera Notre-Dame, Saint Eustache et le Sacré Coeur.
Le Paris d'Aragon.
Et ses toiles s'enchaîneront comme les litanies alexandrines des versets du "Paysan de Paris".
Les Halles et les Quais le Louvre et l'Opéra.
Et il fixera sur les toiles le regard, le sourire et le mystère de ses maîtres à peindre et à rêver que sont Villon et Cocteau. Comme un instantané de Nadar rehaussé par Matisse.
Dans leur sillage il retrouve la jeune tradition des grandes révolutions esthétiques qui ont mûri entre les collines inspirées qui dominent la Seine.
Et sa peinture propose elle aussi des formes arrachées au subconscient, des paysages teintés de mirages, arrachés aux terres où l'homme conserve encore des racines divines.
Et la meilleure définition de cet architecte de la lumière nous est donnée par le plus grand critique de notre temps, Thierry Mauinier, "la peinture de Jean Chevolleau associe la musique à la couleur, le mystique au magique et le rêve à la raison".



Gilbert PROUTEAU